Marchés Emergents Startup

L’entrepreneuriat au féminin en Afrique

leviers et opportunités

Mardi 29 Septembre a eu lieu le Meet & Share de Septembre de l’African Business Club. Cette table ronde virtuelle a été l’occasion d’échanger autour de l’entrepreneuriat au féminin, et plus spécifiquement en Afrique. Quel est l’écosystème entrepreneurial en Afrique en 2020? Quelle est la place des femmes, et surtout, quels sont les challenges et les opportunités spécifiquement rencontrés par les femmes?

Cet article a un but de restitution et d’ouverture au débat suite à cet échange inspirant avec FRANCINE NDONG – Vice Présidente du Women’s Investment Club (WIC) et NADINE ZORO – Co-fondatrice et directrice exécutif de Impact Hub Abidjan.

La place des femmes dans l’entrepreneuriat en Afrique

L’Afrique est le premier continent en terme d’entrepreneuriat féminin. Sur le continent, les femmes sont en effet davantage susceptibles de devenir entrepreneurs que les hommes : elles représentent en Afrique 58 % de ceux qui travaillent à leur compte. 27% des femmes en Afrique ont crée leur entreprise, le plus haut niveau mondial.

Le continent a également la plus forte représentation féminine au niveau des conseils d’administration (25% contre 17% pour la moyenne mondiale). Des études ont démontré que la présence de femmes en conseil d’administration impliquaient en moyenne un meilleur résultat financier.

Quels atouts et quel impact pour ces femmes?

Le feedback donné par nos intervenantes suite à l’accompagnement d’entrepreneurs est le suivant: même si il est difficile de faire des généralités, le rôle traditionnel des femmes dans l’environnement local en Afrique leur permet certaines fois de prendre plus soin de leur entreprise. Les employés se sentent ainsi plus connectés à la vision de l’entreprise, ce qui est essentiel pour la rétention. Or, au stade de startup, il est important de limiter le turnover.

« L’Afrique est le continent où il y a le plus de femmes entrepreneures… mais souvent plus par nécessité économique que par choix véritable. Les femmes sont souvent le maillon qui tend vers l’éducation, la santé de la famille etc. Elles sont au cœur des questions de développement. »

L’entrepreneuriat des femmes a donc un impact positif supplémentaire : en réinvestissant dans la santé et dans l’education, il s’agit d’un véritable levier de développement économique pour l’Afrique.

Les obstacles rencontrés par les femmes entrepreneures

Si les femmes sont à l’origine de 60% du travail effectué dans le monde, elles ne gagnent que 10% des revenus. Selon le récent rapport de la Banque mondiale, « Les bénéfices de la parité », en Afrique subsaharienne, les femmes entrepreneures continuent de réaliser des bénéfices inférieurs en moyenne de 34 % à ceux des hommes.

Lamba Ka, spécialisée dans les domaines de la communication et de l’entrepreneuriat social et chef de projet, chargée de l’accompagnement des entrepreneurs chez MakeSense West Africa confirme que si « les femmes sont connues comme étant beaucoup plus entreprenantes que les hommes en Afrique. Le Sénégal n’est pas en reste, loin de là, et compte plus de femmes entrepreneures que d’hommes », elles font également face à plusieurs défis qui lui semblent spécifiques :

Familial tout d’abord:  la balance entre vie professionnelle et vie de famille est parfois difficile à trouver. Il est compliqué de gérer à la fois une famille et une entreprise, surtout avec la pression culturelle et sociale.

La formalisation est ensuite un second enjeu de taille. Beaucoup de femmes gèrent un business, mais informel la plupart du temps. La formalisation est pourtant essentielle pour accéder aux financements et changer d’échelle.

La plupart des enjeux rencontrés sont liés à un manque d’information. C’est là que les structures d’accompagnement ont un rôle à jouer.

L’importance des structures d’accompagnement

Pour mieux comprendre l’importance des structures d’accompagnement et les besoins spécifiques des femmes entrepreneures, un chiffre est très révélateur: 70% des femmes entrepreneuses se sentent désavantagées par rapport à leurs homologues masculins, selon une étude sur l’entrepreneuriat féminin en Afrique, réalisée par la Fondation « Women In Africa Philanthropy » et le cabinet « Roland Berger ».

Francine Ndong et Nadine Zoro, les deux speakers du Meet & Share « Levier et opportunités de l’entrepreneuriat des femmes en Afrique » sont rentrées plus en détail sur l’importance des structures d’accompagnement en Afrique pour résoudre ce problème.

L’information sur le financement

Impact Hub Africa, créé en 2019, mobilise, facilite la collaboration et équipe les entrepreneurs interessés par un développement durable et conscient en Côte d’Ivoire. Nadine Zoro, qui le co-dirige, a identifié un besoin d’identification des options de financement (beaucoup pensent aux banques mais ne se renseignent pas sur leurs autres options – angel investment, capital investment, PE, en fonction du montant souhaité).


Elle insiste également sur l’importance de la maitrise de son sujet lors d’une démarche de levée de fonds, et notamment sur l’impact social. L’argent est une contrepartie à une valeur qui va devenir de l’argent, la startup doit répondre à un besoin réel. Un élément en cohérence avec les aspirations des femmes, puisque 84% d’entre elles souhaitent entreprendre pour avoir un impact positif sur la société, avec une volonté profonde de changer le monde et leur environnement.


L’importance de la formation

Diplômée en Finance et Développement Economique, Francine a participé à la création du WIC qui a pour but d’aider les femmes entrepreneures lors des levées de fonds et prodigue une assistance technique. Elle travaille aussi en faveur de l’égalité des genre au sein de l’Organisation internationale du travail, agence de l’ONU. Après avoir répertorié ce qui existe en terme d’accompagnement technique et financier, la structure a crée un centre de services partagés (comptabilité, DRH, juridique) accessible pour les femmes entrepreneures qui n’ont souvent pas de formation dédiée à ces thématiques, et pas de budget au démarrage.

L’accès à des formations « programmes femme » est un accélérateur important.

Au Togo, une formation destinée aux dirigeantes de petites entreprises sur « la prise d’initiative, les comportements proactifs et la persévérance » a donné des résultats impressionnants : les apprenantes ont vu leur bénéfice augmenter en moyenne de 40 % suite à la formation.


En Zambie, où le taux d’activité entrepreneuriale des femmes atteint 40 %, les combats sont les mêmes. Inota Cheta, fondatrice de SheEntrepreneur affirme qu’« Entre leur vie de femme et les impératifs liés au bon fonctionnement du foyer, se former à la création d’entreprises est quasi impossible».  Après l’obtention de son master en économie à l’université de Zambie, l’étudiante fonde alors SheEntrepreneur. L’ONG apprend aux femmes à « monter leur entreprise, même avec peu de ressources au départ », à créer de l’emploi, et leur fournit les outils indispensables à la pérennité de leur projet. Depuis 2015, 500 jeunes Zambiennes ont pu bénéficier de l’apprentissage de SheEntrepreneur.

Sources : African Business Club Meet & Share Septembre 2020 « L’entrepreneuriat des femmes en Afrique », Entreprenante Afrique, Atlasinfo, ID4D, Le Point Afrique

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